Bibliothèque · Alan Turing, 1950

« Computing Machinery and Intelligence »

Alan Turing, Mind, vol. 59, n° 236, octobre 1950

Plutôt que de se demander si les machines pensent, demandons-nous si elles pourraient se comporter, par écrit, de manière indiscernable d’un humain.

Je propose d’examiner la question : « Les machines peuvent-elles penser ? »

Alan Turing, première phrase de l’article

Ce que dit le texte

Turing remplace une question qu’il juge trop vague par un protocole : le jeu de l’imitation. Un interrogateur échange des messages écrits avec un humain et une machine, sans les voir, et doit deviner qui est qui. Si la machine trompe aussi souvent qu’un humain, sur quoi fonderions-nous encore notre refus de dire qu’elle pense ?

La plus grande partie de l’article répond aux objections : théologique, mathématique, argument de la conscience, objection de Lady Lovelace selon laquelle une machine ne fait que ce qu’on lui dit de faire. Turing termine par une intuition décisive : plutôt que de programmer un esprit adulte, construire une machine-enfant capable d’apprendre.

Pourquoi le relire maintenant

Soixante-quinze ans plus tard, des machines parlent assez bien pour que la question ne soit plus théorique. Le texte de Turing montre que le vrai sujet n’a jamais été la machine, mais nos critères : ce que nous acceptons comme signe qu’il y a un esprit en face.

Ce qui reste ouvert

  • Si nous ne pouvons plus distinguer un humain d’une machine, qu’avons-nous perdu : une certitude, ou une illusion ?

Renvois