Bibliothèque · Aristote, IVe s. av. J.-C.
Éthique à Nicomaque, livre VI
Ἠθικὰ Νικομάχεια — Aristote, IVe siècle av. J.-C.
Il y a plusieurs manières d’être intelligent, et la plus importante pour vivre — la sagesse pratique — ne se confond ni avec la science ni avec l’habileté.
Ce que dit le texte
Le livre VI de l’Éthique à Nicomaque est consacré aux vertus de l’intellect. Aristote y distingue la science, qui démontre ce qui est nécessaire ; la technique, qui sait fabriquer ; l’intelligence intuitive, qui saisit les principes ; la sagesse théorique ; et la phronèsis, la sagesse pratique, qui délibère sur ce qu’il faut faire.
Il y ajoute une capacité voisine et inquiétante : l’habileté, le talent de trouver les moyens d’un but quel qu’il soit. Le sage est habile, mais l’habile n’est pas forcément sage. Sans la vertu qui oriente les fins, l’habileté devient rouerie.
Pourquoi le relire maintenant
Nous construisons des systèmes qui excellent à trouver des moyens. La question des fins, Aristote la plaçait ailleurs : dans l’expérience, le caractère, la vie partagée. Relire le livre VI, c’est mesurer ce que l’intelligence artificielle ne règle pas d’elle-même — et ce qui, peut-être, ne se délègue pas.
Ce qui reste ouvert
- Une intelligence qui n’a jamais rien eu à perdre peut-elle acquérir la sagesse pratique ?
Renvois
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